09 décembre 2014 – Le politique en Afrique de l’Ouest à l’épreuve des reconfigurations du fait religieux contemporain

Lieu et heure :

De 12h15 à 13h30
Ministère des Relations internationales et de la Francophonie
Salle Jean-Chapdelaine, 1er étage
525, boulevard René-Lévesque Est, Québec

Coût : Gratuit pour les membres / 5 $ non-membres

Thème

 

L’année 2014 a été extrêmement fertile en de conflits religieux et ethnique en Afrique de l’Ouest avec les attaques de Boko Haram au Nigéria, les intégristes liés à Al Quaïda liées aux grandes familles Touaregs au Mali et au Niger et plus récemment avec le changement de régime engendrée par la révolution au Burkina Faso. Au-delà des velléités ethniques, on remarque l’importance grandissante de la place de la religion dans les conflits de la sous-région.

On compte actuellement 470 millions de chrétiens en Afrique – 70 fois plus qu’en 1900 – et 234 millions de Musulmans (20 fois plus). Mais cette religion est celle qui progresse le plus (ils seront 385 millions en 2030) en raison de la grande fécondité des femmes musulmanes et du prosélytisme du Qatar et de l’Arabie Saoudite qui financent son expansion à coups de pétrodollars.

Ces deux pays cherchent à installer un Islam rigoriste dans des pays où cette religion a su s’accommoder des pratiques animistes. Cela se fait à la faveur d’une nouvelle forme de prédication essentiellement appuyée sur l’aide humanitaire et l’octroi de services sociaux là où l’État est absent. On voit ainsi s’élever des minarets dans les villages les plus reculés. Les chrétiens ne restent pas les bras croisés. Les églises évangélistes font une percée au Nigeria, en Côte d’Ivoire, et, fait nouveau, dans des pays de longue tradition musulmane comme le Sénégal. De l’Afrique de l’ouest à la corne de l’Afrique en passant par les pays de l’Afrique centrale, beaucoup redoutent le choc des extrémistes. Les rôles de la religion et de l’origine ethnique dans les conflits en Afrique de l’Ouest semblent être critiques. Toutefois, la complexité de ces sujets permet la distinction entre leur rôle dans la cause de conflits ou s’ils sont une conséquence des conflits, reste extrêmement floue.

 

Conférencier(ère)

Professeure au Département de science politique de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, Marie Brossier s’intéresse aux trajectoires de l’État en Afrique, aux processus d’hybridation des régimes politiques par un regard porté sur les phénomènes d’alternance politique et sur le rôle de l’hérédité en politique. Elle s’intéresse également aux reconfigurations du fait religieux sur le continent notamment en Afrique de l’Ouest.

Elle participe à différents programmes de recherche qui portent sur le phénomène de transmission familiale du pouvoir politique (financement FQRSC), sur les élections et la citoyenneté au Sénégal (financement Université Paris 1-Columbia University) et sur l’enjeu de l’internationalisation de l’éducation en Afrique (financement Agence Nationale de la Recherche française  – Université de Bordeaux).

Elle co-dirige le Centre Interdisciplinaire de Recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM) et est membre de l’Association des Chercheurs de la revue Politique africaine.

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